Darwin a Perth, la grande traversée

Samedi 04 février – Perth-Kununurra

C’est parti. On a bien notre bidon d’eau et on prend le bus pour Palmerston, en sortie de la ville. Le réveil pour 6h etait inutile, on est samedi et le bus passe seulement a 7h. Bon… Le bus finit par passer, mais tombe en panne quelques kilomètres plus loin. Ca commence bien.

Je tends finalement le pouce, on parvient a sortir de l’agglomération et on est repris par “Crash”. Crash est un beau bébé tatoue qui conduit juste pour s’échapper de sa femme. On ne comprend a peu près rien de ce qu’il raconte, a part ”… as hndm wmsn snmm fuck fuck mdhn  fuckin dickhead msns fuckin hell mnm fuck…”. Bon, on acquiesce avec un “yeah, fuck” de temps en temps pour faire bonne figure. Il nous conduit sur une centaine de kilomètres, la route est belle.

Nous sommes ensuite pris par San, un ingénieur Thailandais arrive il y a quelques années. Il nous deposera a Katherine.

Katherine est une ville importante dans la région (comprenez 6000 habitants), et, comme beaucoup dans les territoires du Nord, comprend une grosse part d’aborigènes. Leur situation est catastrophique : beaucoup sont alcooliques et errent dans la ville. Peu d’aborigènes occupent des postes clés, en Australie. A Darwin, le spectacle est assez terrifiant aussi. Ivres, ils crient “this is my land”. Un vrai problème sans vraiment de solution…

Nous sommes pris au bout d’une bonne demi-heure par Peter, un fermier très intéressant, de Kununurra. Il nous conduit sur 500 km et nous dit qu’on a pas mal de chance : l’an dernier la route etait fermée a la même période pendant 7 semaines, a cause de deux mètres d’eau sur la route, les obligeant a prendre l’avion. Nous croisons en moyenne 2 voitures par heures (“oh… it’s busy today !”). La route est superbe. Très verte – c’est la saison des pluies – et le relief est splendide. Nous nous arrêtons a Timber Creek (pour un trou, c’est un trou !)  pour le cafe chez un copain, qui travaille pour donner du travail aux aborigenes. On est rejoint au final par un vrai “cowboy”, stetson sur la tete, chemise a carreau et blue jean. Ils parlent de serpents venimeux et autres problemes de fermiers. Le beau frère de Peter loue un bout de terrain : 200 000 hectares (un petit rectangle de 40×50 km), ou galopent 6000 vaches. Le fermier possède son hélicoptère pour guider le troupeau !

Je retrouve le bonheur de pouvoir discuter avec le chauffeur, ce qui m’était quasiment impossible depuis… l’Allemagne ! Peter nous pose près d’un lac ou on peut planter la tente. Je me baigne, Matias reste sur le bord car il a peur des crocs (On nous dira apres qu’il avait raison, il y a des crocs partout !). A la nuit tombee, des milliers de chauves-souris vont chasser, et passent au dessus de nos tetes. Le spectacle est grandiose, et les chauves-souris sont de belles betes. La nuit est horrible : la tente est un four, et dehors les moustiques semblent attires par l’antimoustique. Je choisis les moustiques et les crocs, Matias choisis la chaleur.

Dimanche 05 février - de Kununurra a Halls Creek

Réveil au lever du jour, nous sommes content de quitter les lieux juste après le retour des chauves souris. Pas grand monde, nous attendons environ deux heures et des pêcheurs du dimanche nous prennent pour nous déposer 100 km plus loin, à la jonction. Nous y trouvons Alan et Monica (anglais/tchèques), qui voyagent pour quelques mois et qui nous offrent une place dans la voiture. Ils vont à Broome, mais y vont lentement. Ils sont hyper agréable et formidablement intéressant. Je crois qu’ils ont voyage partout dans le monde, a part aux USA et au Canada, ce qu’ils vont faire juste après l’Australie. Ils ont traverse l’Afrique deux fois du nord au sud, etc. Nous nous arrêtons régulièrement pour prendre des photos. Ils s’arrêtent finalement 100 km avant Halls Creek, et nous décidons de continuer a faire du stop pour avancer, nous sommes en début d’apres-midi.

2h30 d’attente, une sieste, cinq voitures, une prof nous prend pour Halls Creek. Des gens en sens inverses se sont arrête pour nous demander si nous avions de l’eau, c’est OK. Nous campons a Halls Creek, un monstrueux orage passe a cote.

Dimanche 05 février - De Halls Creek vers Fitzroy Crossing

Je ne tarde pas a renommer ”Halls Creek” en “Hell’s Creek”. Quelques kilomètres en sortie de la ville, nous n’avons vraiment qu’un petit coin d’ombre (un panneau). A 7h du matin, ça va, mais a midi… c’est intenable. Nous attendrons 7h30, mon record depuis que je suis parti, et devrons attendre 14h30 que le couple anglo-tcheque nous délivre. Le moral en prend un sérieux coup : on savait qu’ils etaient derriere, mais que faisaient-ils ?! Nous sommes bien récompensé : la route est grandiose. C’est le mot. Le soir, nous dormons a la belle étoile au milieu de nulle part, après un bon couscous. La nuit, quelques dingos s’approchent, mais ils ne sont pas dangereux. Pas de moustiques et un calme superbe.

Lundi 06 février - Vers Fitzroy a vers Broome

On refait un petit bout de route avec le couple, puis nous continuons lorsqu’ils s’arrêtent pour aller un peu plus vite. Le “road train” de Alan s’arrête vers 16h : ils va a la jonction vers Broome, ou nous allons ! “You blocks are bloody lucky”. Nous sommes doublement chanceux : les “road trains” sont des camions monstres de 2-3 ou 4 remorques (jusqu’a 50 m de long !) qui roulent a 100-110 km/h sans s’arreter normalement. Je voulais en attraper un, voila qui est fait. Ils nous dit encore que normalement la route est coupée (inondation, feux de bush, etc.) et c’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de trafic (nous croisons en moyenne une voiture par heure) !

Un bon australien, qui a des plaisirs simples : un bon steak, deux – trois bières et de la pêche le dimanche. Nous conduisons de nuit, ce qui est assez dangereux en raison des Kangourous et du bétail. Nous manquons d’écraser une vache, ce qui aurait sûrement un peu tordu le pare-buffle.

Nous plantons la tente a la jonction, et nous dirigerons vers le sud a présent.

Mardi 07 février - De la jonction vers Broome a Karratha

Une fois les bidons d’eau remplis, nous stoppons et un électricien nous prends pour une centaine de kilomètres. Il va en territoire aborigène et nous dépose a un coin d’ombre. Une petite heure d’attente sous une chaleur écrasante, et un pick-up nous prend pour Port Headland. Pas très bavards, mais sympa : il nous font re-remplir nos bidons et nous déposent a un endroit pas trop mal.

Nous essayons de continuer un peu (2h tout de meme), sans succès : Port Headland est une ville minière (premier port de minerais de fer d’Australie), et les  centaines de voitures qui passent vont aux mines. Nous plantons la tente a cause des milliers de “midges”. Ce sont des sortent de moustiques qui ne piquent pas mais pissent de l’acide, a ce qu’on nous dit. C’est très désagréable. Mais finalement, vers 20h, alors que nous nous appretons a nous coucher (il fait nuit tôt : on est a l’heure de Perth, 2000km au sud !), quand un 4×4 s’arrete : “je vous ai vu faire du stop” : on croit a un flic, mais c’est juste un gars qui nous emmène pour Karratha et qui nous avait vu deux heures auparavant. Parfait, nous démontons la tente, et chargeons le pick-up pour 200 km de plus. Nous posons la tente près de l’autoroute.

8-9 fevrier – De Karratha a Exmouth

Un mineur, un camion et un road train nous emmènent a Exmouth et ses plages sublimes. Le mineur nous pose a une intersection perdue pour aller dans sa mine, le camion est un sympathique Kiwi qui livre 1 frigo banal sur 630 km (soit quasi 1300km A/R, facture 2000 dollars !). Nous devons quitter la route principale pour aller vers Exmouth. Nous nous réjouissions car nous pensons déguster notre sandwich au thon quotidien, mais nous faisons connaissance avec… les sandflies. Ces petites mouches sont collantes et arrivent par milliers sur le thon et nos sandwishs. Elles viennent dans les yeux, les oreilles, la bouche, partout. Je deviens fou, c’est une vrai torture. On ne peut manger sans risquer d’en avaler, et rien a faire.

Le road-train nous prend pour Exmouth. Coupe mulet et tatouage d’une pinup dénudée sur le bras, il repete nos questions en rajoutant des “fuck” entre chaque mots. “Alice Spring is little town ? – Fuckin Hell, Fuck Alice Spring is a fuckin little fuckin town”

Nous faisons les 10 derniers kilomètres avec une voiture d’une agence de tourisme, que nous reverrons plusieurs fois a des endroits différents, a chaque fois en les précédant. Je crois qu’ils se demandent toujours comment on fait ! Ils nous font visiter les environs avec les touristes. Deux photos et le camping.

Snorkeling vers Turquoise Bay, ou les requins (inoffensifs) nous approchent, et ou on nage avec de gros poissons. Nous pouvons aller dans ces endroits grâce a un couple d’anglais qui nous font monter dans le van.

10 fevrier – De Exmouth a une jonction

Journée horrible : impossible de sortir d’Exmouth. Matias parvient enfin a arrêter le van d’une anglaise, au bout de 7h30. Record égalé.

A la jonction, de nouveau sur l’autoroute, aucune voiture ne passe en deux ou trois heures, et nous faisons envahir par les mouches. J’en respire même une ! La nuit tombée, nous pouvons enfin manger, et nous dormons a la belle étoile. Les étoiles sont impressionnantes, il n’y a pas de lune. Le moral est bas.

11 fevrier – De la jonction a Monkey Mia

Nous nous levons au lever du jour, comme d’habitude (vers 5h), juste avant les mouches pour petit-dejeuner. La première voiture qui passe s’arrête ! C’est Killy, qui rentre de ces trois semaines de boulot. La musique est super, il est terrrrible ! Nous passons les quelques heures a dire des conneries. Il a un pick-up avec un énorme chien (45kg la bébête) a l’arrière, et son jeu préféré est de dépasser les cyclistes matinaux très lentement. Le chien, très affectueux, en profite alors pour leur faire une grande lechouille sur la figure. Dire Strait, Sultan of swing. Il nous pose a la jonction pour Monkey Mia ou nous pourrons voir des dauphins et des stromatolites.

12 fevrier – Monkey Mia – Kalburri

Deux allemands font de la place pour nous faire monter dans le 4×4. Et ils nous sortirons de Monkey Mia, cette fois ! Coin touristique moyen, mais bon, je suis content de pouvoir voir des dauphins.

Et des stromatolites ! Kesako ? C’est grâce a ces cyanobacteries que nous sommes la, sur terre : Vieilles de 3,5 milliards d’années, elles ont grignote du CO2 et relâche de l’oxygène pendant deux milliards d’années. MILLIARDS, vous vous rendez compte ?! Grace a cette oxygène, d’autres formes de vie ont pu se développer, et l’évolution s’amorcer, pour aboutir finalement au President Bush. Elles se sont fait finalement grignoter par ces autres formes de vie, et ne sont maintenant présentes qu’en de rares endroits dans le monde : ici l’eau est trop salée pour les escargots grignoteurs. Bref, je crois que les stromatos l’emportent sur les dauphins.

Ray, un pêcheur nous a pris et nous propose de nous deposer a Kalburri, ce qui nous éloigne de la route. Mais bon, nous acceptons, et y campons. Joli, mais nous regrettons de ne pas avoir le 4×4 necessaire pour découvrir les gorges environnantes.

Nous rentrons de la ballade après 18h30, les magasins sont fermes, nous n’avons rien a dîner. Mais qui voila ?! Deux retraites suisses en camping car, a qui je lance un “bonjour” et qui me répondent : “Vous préférez de la bière ou du rouge ?”. Ils nous offrent le dîner et le café !

13 fevrier 2011 – Vers Kalburri a Perth

Ray devait revenir sur l’autoroute mais nous fait faux bond (comme prévu). Nous sommes repris par un autre pêcheur, tres interessant. Il s’inquiète de la situation en australie : avec des salaires horaires a 25 dollars pour ramasser des fruits, ca rend un kilos de pomme a 10 dollars. Il ne peut plus vendre sont poisson, sauf au chinois (90% de sa clientèle), et est moins bien paye que ses employés. L’australie occidentale est en plein boom grâce aux mines, mais les petits entrepreneurs qui ne sont pas dans le secteur ne peuvent plus suivre !

Deux lifts plus tard, nous finissons notre traversée en beauté avec Paul, un chauffeur poids-lourds. Autant dire que c’est le cliché de l’Australien “pur souche” (sic!). Il vit bien entendu dans le pays le plus merveilleux du monde – non, il n’est jamais allé a l’étranger -, il dit “fuck off” aux femmes (il ne veux pas d’emmerdes), appelle les aborigènes ”those black fellas” et veut pas se faire envahir par les musulmans. Il situe l’argentine a cote de l’Espagne, mais se rappelle que nous, francais, on mange des grenouilles a la place des steaks. Il est enfin rassure que nous ayons, dans nos petits pays, des MacDonalds, du Coca et du KFC. Dire Straits, Sultan of Swing encore.

Mais c’est un bon gars. On passe par la route longeant la cote pour la vue, et il nous invite chez lui, a dîner (barbecue) et a boire quelques bières. Un autre gars, Tom, est aussi chez lui devant la tele et est une espèce d’ex-hippie, qui parle comme dans un film de Tarantino. On est entre le Big Lebowski et Tarantino. Il a fait du stop pendant sa jeunesse et son père a combattu en France, et a été évacué par la poche de Dunkerque. Paul, pendant ce temps, se donne vraiment du mal, court de partout, nous demande si on reveut de la bière, clape des mains en mettant les frites dans la friteuse, remonte les manches et pose les steaks sur le barbecue. C’est lui le cuistot dans la baraque : Tom les fait toujours brûler…

Nous dormons dans le salon, devant la deuxième télé, et il nous pose dans le centre le lendemain a 7h. Fin de cette belle traversée.

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Australia : l’arrivée a Darwin

Jusqu’au 04 février : Darwin

Eh bien voila, j’y suis. L’Australie.

Je prends quelques jours a pas faire grand’chose sur Darwin. Il pleut beaucoup (c’est aussi la saison des pluies ici, le climat est sub-tropical !), et on ne peut pas s’y baigner. La raison : crocos et méduses. Ca a pas l’air bien méchant comme ca, mais les crocos font 5 metres et ils ont faim, et les meduses-boites font parties des animaux les plus venimeux de la planète.

Je veux aller vers Perth : il doit faire beau par la-bas, et la région est belle parait-il. De plus, si je n’y vais pas directement, je n’irai jamais étant donne l’éloignement de la ville par rapport… au reste du monde !

Le problème : c’est la première fois que je serai confronte a un tel “vide”. Il n’y a personne sur les routes, surtout en cette saison… C’est la région la plus vide que j’aurai a traverser. Quelque fois, une station essence sur 500 km est la seule trace de civilisation. Et il fait chaud, très chaud.

On passe une soirée a parler de tous les animaux dangereux ici, entre les crocs’, les serpents et les araignées (redback, etc.). Bien sur on me raconte les histoires de tous ces autostoppeurs disparus mais bon, je les ai déjà entendu mille fois, et partout. Je me rassure : personne ne me lâchera au milieu de nulle part, et je partirais avec 10 litres d’eau (de quoi tenir deux jours !) et un stock de provision. Entre Darwin et Perth. la plus grande ville doit faire 30.000 habitants, Broome. Je regarde la carte ; les villages indiques font 74 habitants, 197 habitants, etc. Je ne serais pas gêné par la foule, donc.

Je motive Matias, un argentin a venir avec moi, et nous débutons le samedi 4 a 6h, pour l’Ouest.

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Retour vers Bali et Lombok

Du 24 au 30 janvier

Pour des questions de prix de billets d’avions, je “dois” rester encore pour une semaine vers Bali. Qu’a cela ne tienne, je file a Lombok.

Je ne serai pas decu : même si je ne peux pas marche sur le volcan Rijani comme je l’avais un peu imagine (pas vraiment le temps, et la saison ne s’y prête guère), l’île est superbe. Je passe quelques jours a la sillonner en scooter, en compagnie de Luc (un lyonnais revenant tout juste d’Australie) et Eva (une allemande en vacance pour quelques semaines). Nous y découvrons les plages nichées dans les baies splendides du sud de Lombok en rayonnant de Kuta Lombok, et roulons sur la route superbe près de Sengigi.

La mer est mauvaise : le cyclone Iggy tournicote dans les environs, et la liaison en ferry Lombok-Bali a ete interrompue presque une semaine. Disons que la fois ou ils ont remis le bateau a l’eau, le 27, ils ont du intervenir pour sauver les 200 passagers, et les véhicules transportes étaient bons pour la casse. J’ai un peu peur de louper mon avion, mais la liaison est finalement rouverte le 28 ou le 29, date a laquelle nous prenons le ferry avec Luc. Pas de problème, la mer s’est assagie, et je peux s’envoler pour un autre continent…

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Le nord des Celebes

Du 11 au 24 janvier 2011

La seconde partie de mon voyage en Indonésie se fait seul, sur les îles de Tongean, dans la région de Manado puis sur l’île de Bunaken. Je dois (malheureusement) prendre un avion pour l’Australie, et ce au départ de Bali, a destination de Darwin.

Les iles Tongean sont un chapelet d’iles dans les bras des Celebes. Les coraux y sont superbes, bien qu’un peu endommagés par la pêche a la dynamite encore récente. J’ai la chance de pouvoir les voir avec masque et tuba tous les jours sur des bons coins, car un plongeur nous y emmène ; je ne m’en lasse pas.

Le nord de Sulawesi est chrétien aussi, et on construit des églises a tour de bras. Souvent tres moches par ailleurs (genre béton et carrelage a l’extérieur), et je me demande si elles sont vraiment remplies, ou si c’est juste pour dépasser le nombre de mosquées… Le bon cote : le cochon et… le chien et les chauves-souris. Je rencontre Andre et Smulde, néerlandais (encore !), qui sont adorable et avec qui nous irons visiter la région de Tomohon et grimper sur le volcan Mahawu. Nous ne pouvons malheureusement pas grimper sur le Mont Lokon, un peu plus haut (en activité depuis quelques semaines a l’époque, il vient de rentrer en éruption le 19/01 et des milliers de personnes a Tomohon a ete évacuées). Du mont Mahawu, on entend des craquements et on peut voir la fumée s’élever du Lokon.

http://www.bbc.co.uk/news/world-asia-pacific-14164522

La région est fameuse pour sa gastronomie : on y mange de tout. Nous degustons encore un ragoût de chien – moyen, comme la dernière fois : un peu cahoutchouc - et quelques chauves-souris, qui font l’unanimité. Au marche on vend aussi des serpents (je pense que c’est vendu au mètre !), et tous les fruits possibles.

De retour sur la cote de Manado (a 30 km), je prends directement un petit bateau pour l’île de Bunaken. Cette île est, parait-il, un des plus beaux coins de plongée du monde. Je veux bien le croire. J’y reste deux-trois jours, plonge quatre fois, et en prends plein les yeux : requins, tortues – majestueuses -, coraux merveilleux, faune innombrable, toute sorte d’hippocampes, nudibranches, escargots… diversité de couleurs et de forme incroyable. Le relief est aussi merveilleux : canyons sous-marin, falaises de 60 metres… Bref, je ne regrette pas.

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A un jet de pierre des iles Tongeans

Selamat Tahun Bahu ! – Bonne annee !

Me voici a Ampana, pour prendre le bateau demain matin et rejoindre les îles Tongeans, nichees entre les bras de l’île de Sulawesi.

De Bali, nous avons pris l’avion pour Makassar, puis file dans la région du Toraja. La région est superbe : rizières en terrasse saupoudrée de megalithes dans lesquelles sont “enterres” les morts, forets de bambous, collines verdoyantes…

Mais la région est surtout tres intéressante pour les cérémonies funéraires qu’on y célèbre. Lors d’un deces d’une personne agee, la famille organise une cérémonie durant plusieurs jours, ou se déroulent des combats de buffles, et, le plus impressionnant, des sacrifices de porcs (c’est une région chrétienne), de buffles, de chevaux…

Nous participons a deux cérémonies : dans le petit village de Bangkelekila (500 ames), ou, pour le premier jour des funérailles, on tue un buffle. On y rencontre un professeur d’anglais qui nous met a l’aise et nous explique le déroulement. Au cours des 3eme et 4eme jours, on y égorgera entre 20 et 30 buffles, ce qui en fait une cérémonie plutôt petite.

Nous nous rendrons aussi a Sereale, ou a lieu une cérémonie durant 10 jours : le père d’un riche indonésien est décede, et la famille aurait dépense environ 1 millions de dollars ! Les gens se déplacent de toute l’indonesie pour y assister. Nous y participons le 3 janvier. C’est un carnage sans nom. Environs 290 buffles sont égorges au cours de la cérémonie, dont une cinquantaine le jour ou nous y sommes. Le buffle, frappe de coups de machettes, agonise un moment, cours dans la foule… pendant que les “bouchers” s’occupent du suivant.La bête est dépecée sur place.

La place du village se transforme rapidement en charnier, sous les cris des villageois. Les buffles albinos, les plus rares, coûtent entre 20 000 et 40 000 dollars.

Ce genre de cérémonie est bien entendu difficile a organiser pour les familles pauvres, devront attendre plusieurs années avant de réunir les fonds necessaires aux funérailles de leurs proches, et bien sur s’endetter. Pendant ce temps, le corps est conserve… dans la chambre.

Nous passons le nouvel an chez une “Mama Siska”, dans le petit village de Batutumonga. Le lieu est superbe, calme, et nous y resterons jusqu’au 5, évitant ainsi de rester en “ville”. Trouve au détour d’une balade en scooter, c’est une bonne trouvaille et nous nous regalons : porc cuit dans le bambou, soupes de patates douces, courges, poulet grille, gâteau de courge, café et légumes du jardin. Mama Siska achete tres peu.

Je joue les paysans, a trimballer mon jericane de vin de palme, mon poulet vivant, mon tofu rt mes dix kilos de bananes achetées au marche sur la mobylette.

Nous passons donc la saint-sylvestre en petit comité, avec deux étudiantes européennes étudiant a Java. Nous admirons les milliers de feux d’artifices depuis la colline, et sommes invite par une famille pour la vue du balcon.

Le premier, petit tour a l’église (un hangar avec une croix et 20 chaises en plastiques). On y chante et tape des mains, on y pleure beaucoup. Une collation est préparée, chacun a apporte un petit quelque chose. “C’est pas mal, cette viande épice, c’est quoi ? Ah OK, c’est du chien !” Il n’y a donc pas qu’en Chine qu’on mange Medor. Mon premier instant canin de 2012.

Nous nous séparons finalement le 05, Rose retournant a Hong Kong, moi me dirigeant vers le nord : Poso, Ampana , les iles Tongean et Manado.

Invite dans la famille d'un auto-preneur... femmes en delire !

Dans la region de Poso, au centre de Sulawesi, cohabitent Chretiens et Musulmans. Il y a une dizaine d’annees, de violents afrontements ont eu lieu, faisant plus de mille mortss. Il y etait soit disant assez tendance d’avoir quelques tetes de chretiens dans le jardin. Recemment encore (2005-2006) quelques incidents isoles ont eu lieu.

Le stop marche plutot bien, je fais escale a Tentenna, puis arrive a Ampanna le deuxieme jour. Dur de marcher tranquille ici : on y est invite toutes les dix minutes a boire le the. Je me rends compte que ce que je dis le plus est “bonjour !” alors qu’en Inde c’etait “non merci”. Tout le village, tous les villages me saluent !

Je finis ma journee grace a un riche javanais qui vit a Luwuk (Sulawesi) et est en vacance pour une semaine, avec des amis et sa ravissante femme Sulawesienne. Il a aussi une femme a Java et une autre dans les iles. Je lui fais remarquer qu’il y a 17.000 iles en Indonesie, et que s’il en veut une partout, il aura du boulot !

La mauvaise nouvelle : ma carte memoire a claquee et j’ai perdu une bonne partie de mes photos depuis Canton. Je verrais par la suite lesquelles sont recuperable… Patrick et Rose doivent en avoir quelques unes aussi…

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Noel en Indonesie

Du 07 au 25 decembre 2011

Joyeux Noël a toutes et a tous.

Depuis le nord de Bali, on n’a pas l’impression de fêter Noël. Nous avons passe les trois derniers jours a plonger au milieu des poissons clowns, des bancs de poissons Jack et autres raies. Nous avons pu explorer une épave datant de la seconde guerre mondiale gisant a une vingtaine de mètres sous l’eau. Des souvenirs magiques, et le virus de la plongée nous a atteint.

J’ai passe les deux premières semaines sur l’île de Java. C’est l’île la plus peuplée d’Indonesie. Je traverse l’île par le centre, en suivant les volcans, les lacs sulfureux et les temples.

Je visite successivement les alentours de Jakarta, Ciwidey (près de Bandung), Wonosobo, Bondowoso et le mont Bromo, et le plateau Ijen. Du monde partout, l’île est comme un grand village, mais pas d’oppression comme l’Inde malgré la densité de population. Et les indonésiens sont tellement souriants…

Decu par la bouffe, en revanche : après seulement quelques jours, nous avons deja goûte a tout… Au menu : riz ou nouilles frites, riz avec des choses diverses (principalement poulet, épinards, graines de soja cuisinées, poisson), ou soupe de nouille avec boulettes de boeuf, brochettes d’abats de poulet. Et c’est a peu près tout. Heureusement, Bali – ile Hindu – propose de bon petits plat de porcs, du groin aux intestins. Un régale.

A Bali, nous optons pour la cote nord pour plonger et nous louons un scooter pour explorer les environs montagneux. Les paysages des routes secondaires sont superbes.

Tout va toujours bien entre les tropiques…

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Malaysie

Du 27 novembre au 04 decembre - Malaisie a l’aise allez-y mes amis !

De bonne humeur (et quel titre !), je rédige le blog depuis Malacca (puis finis en Indonésie).

Quelques jours a Kuala Lumpur, ou je suis hébergé par Zoe de couchsurfing, en compagnie de Lukasz un polonais en partance pour l’Australie. Nous visitons ensemble la ville, je redécouvre la nourriture asiatique qui me manquait : le curry, ça va un moment, mais bon…

Zoe est une chinoise de Malaisie. Ses grands-parents ont immigrés après la guerre civile chinoise, et elle fait partie de la grosse minorité chinoise de Malaisie (environ 25 pourcent). La Malaisie est un pays étrange : pas de continuité territoriale (une péninsule, des îles dispersées, même une moitie d’île – Borneo), le plus étrange : pas de continuité “ethnique”. On n’est pas malaisien, on est indien, chinois, malais ou autochtone de Malaisie. La religion et l’origine est inscrite sur le passeport, et les lois sont différentes pour les citoyens. Pour les musulmans, la charia s’applique ; pour les malais (ou les musulmans, je ne suis pas sur), l’université est gratuite, ils bénéficient de soins médicaux, etc. Il en découle une “échelle de chance” : les malais, puis les chinois – riches – sont globalement les mieux servis (car les malais ont des avantages sociaux et les chinois détiennent les business). Les deux communautés s’ignorent, fréquentent des écoles différentes ; ensuite les indiens (et les autres communautes plus pauvres) – la plèbe, que tout le monde ignore – enfin les autochtones, vivant en partie encore dans la jungle, qui ne correspond pas vraiment a la définition du citoyen, même de seconde classe.

J’apprecie bien la Malaisie, qui est décidément un pays dont on n’entend jamais parler en Europe. C’est un pays émergent riche (pétrole !) et développé, mais encore très bon marché.

Je galère pas mal pour faire mon visa indonésien, qui me donne droit a 60 jours dans le pays. J’obtiens un ticket in extremis après avoir quitté l’ambassade deux fois et étant revenus sur mes pas. Le bon coté : l’attente d’une journée a l’ambassade me permet de rencontrer d’autres voyageurs et de planifier un départ avec Eline en stop pour Malacca.

Le stop en Malaisie est définitivement le stop le plus facile jamais tenté : tout le monde parle anglais, on y roule de 120 a 160km/h dans de grosses voitures climatisées, les gens s’arrêtent facilement et sont agréables. Que demander de mieux ?

Malacca est un port historique situe entre Kuala Lumpur et Singapour. Sultanat, puis sous la domination successive des portugais, hollandais puis des anglais (aurais-je oublie les japonais ?), la ville a accueillie les commerçants du monde entier (ouest et est), et était a ses début (15eme siecle) le port le plus important en Asie du Sud-Est, particulièrement remarquable dans le commerce des épices. On y disait : que “celui qui contrôle Malacca a sa main sur la gorge de Venise”.

C’est aujourd’hui une petite ville touristique avec une forte communauté chinoise, et un merveilleux Asam Bury (plat malais, raie en sauce épicée avec du riz), et d’autres délices sucres. La Malaisie a en effet plusieurs cuisines : naturellement chinoise, malaise, indienne.

Je prends la route pour Singapour le 5, et mon chauffeur me propose de le suivre dans sa tournée commerciale a la campagne. Il est intéressant, j’accepte et découvre la campagne sud-malayse. Essentiellement des kilomètres carres de palmiers (pour l’huile), et d’hévéa (pour le caoutchouc), dans les collines. Tous les ans, les plantations de palmiers grignotent peu a peu la jungle restante… avec les dangers bien connus de la monoculture.

*** Photos a venir ***

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